KHIVA

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Aux portes du désert du Karakoum, située à 40km en bordure du fleuve Amu Darya (nom cher à mon partenaire), dans une oasis à 469km de Boukhara, Khiva (Xiva en ouzbek; خیوه en persan).

Selon la légende, Khiva fut fondée à l'endroit où Sem (le fils de Noé) creusa le puits de Keivah. Khiva fut, du XVIe siècle jusqu'au début du XXe siècle, la capitale du khanat de Khiva (qui était dans la région historique du Khorezm, longtemps royaume vassal de la Perse). Le khanat de Khiva (1512-1920) était l'un des trois khanats ouzbeks issus de la dislocation du khanat de Djaghataï, avec ceux de Boukhara (qui englobait Samarcande) et de Kokand.
La région particulièrement aride a développé un système d'irrigation complexe à partir du IIe millénaire av. J.-C. et a été visitée par différents conquérants : Perses, Grecs, Arabes,Mongols, Ouzbeks. La Russie établit un protectorat du khanat de Khiva en 1873 avec le traité de paix de Guendeman.

#Itchan Kala

* Patrimoine mondiale de l’UNESCO

C’est dans la « Cité intérieure » que nous avons trouvé refuge, elle doit cette appelation aux murailles de brique hautes d’une dizaine de mètres. , Ultime étape des caravaniers avant la traversée du désert en direction de la mer Caspienne et de la Perse, elle sera aussi la notre avant notre demi-tour vers la case départ.

Notre exploration urbaine a commencé, une fois n’est pas coutume, par le symbole de la ville, Kalta Minor « Kaltaminâr« . Ce trapu minaret n’a en réalité jamais été achevé. Si tel avait été le cas, il serait aujourd’hui le plus haut de la ville, voir même du pays, mieux encore de toute l’Asie Centrale.

Selon l'historien de Khiva, Agakhi, la construction a dû s'interrompre à cause de la mort du khan Mohammed Amin en 1855. La légende affirme que l'émir de Boukhara, ayant appris que le khan de Khiva faisait construire un minaret de telles proportions, voulait aussi en faire construire un tout aussi unique à Boukhara. Il aurait donc commandé au maître d'œuvre de Khiva de se rendre à Boukhara après la construction du premier minaret. Mais le khan de Khiva aurait eu vent de l'affaire et ordonna de faire tuer le maître d'œuvre dès que le minaret aurait été terminé. L'architecte, ayant été mis au courant, s'enfuit aussitôt, en laissant les travaux inachevés. En réalité, les travaux s'interrompent car le minaret se serait effondré s'il avait été encore élevé.

Puis curieuse de comprendre le plan, il me fallait voir la ville d’en haut. Après une ascension rocambolesque des 120 marches du minaret Islam Khodj, c’est à 45m que je pû contempler la citadelle et la saluer. Vertigineux.

Vus du ciel, entre les dedales de ruelles surgissaient les différents monuments qu’il nous fallait visiter : le mausolée de Sayid Alaouddine et ses dizaines de tombeaux en contrebas, le mausolée de Pakhlavan Mahmoud dont le dôme turquoise le différencie de tous les autres, la mosquée Djouma (vendredi) et son toit plat soutenu par plus de 200 colonnes en bois (certaines datant du Xeme siècle!), le palais de pierre  Tach Khavli ou encore Kunya Ark la vieille forteresse dans la forteresse.

De Kournia Ark à Tash Kauli, on ne trouve pas moins de 4 minarets, 6 mosquées, 6 mausolées et 24 madrasas.

> Acheter à la porte Ouest un ticket combiné pour tous les sites de la villes ou presque (billet d’entrée +  autorisation pour prendre des photos = 24000 Soums / 8,50€ ) qui donne accès à la plupart des monuments de la ville fortifiée. Quelques soums de plus à ajouter pour certains sites.

> A faire : grimper sur les hauteurs des remparts au coucher du soleil.

> A shopper : des palas (petit kilim), des chaussons/chaussettes, des chaussettes en laine de chameaux …

> Dormir chez Meros Guesthouse, pour $30 la nuit, une pension familiale chaleureuse, dans laquelle il faut ôter ses chaussures à l’entrée et enfiler des chaussons/chaussettes (artisanat local, commerce equitable), dans laquelle nous avons pris tous nos repas assis autour d’une longiligne table d’hôtes, dans laquelle il fût bon de s’y lover après de longues journées dans le froid hivernal.

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Khiva et sa petite surface m’ont permis très vite de faire de ce lieu, un endroit que je connais désormais comme ma poche. Khiva la solitaire, indépendante et accueillante. Un peu de moi en cette bourgade?

* Toutes les photos de moi ont été prises par Kares Le Roy.
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BUKHARA

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* Patrimoine mondial de l’UNESCO

Après Samarcande l’intemporelle, nous arrivions après 5 heures de route et  268 petits km, dans l’ancien protectorat russe Boukhara, ville des madrasas. C’est dans cette étape primordiale de la route de la Soie que j’ai le plus apprécié mon séjour ouzbek.

Boukhara a été occupée en 710 par les troupes arabo-islamiques durant le califat des Omeyyades : le général Qutayba ben Muslim y établit son autorité sur un prince local. L'héritier du trône de Boukhara, Tougchada, se rallie rapidement à l'islam et règne de 710 à 739. La ville, qui devint un grand centre culturel, faisait alors partie de la province du Khorassan, dont le chef-lieu était Merv.À cette époque, la ville occupait une superficie d'environ 30 à 35 hectares et était entourée d'un rempart avec sept portes d'accès. Les rues étaient orientées selon les points cardinaux et s'organisaient comme un échiquier. Au IXe siècle, la ville devient la capitale de la dynastie persane des Samanides (875-999) et l'aspect de la ville est à nouveau modifié : on observe onze portes d'accès, le « rabad » (faubourg) s'étend autour de la partie intérieure (« chakhristan »), la population augmente de manière significative, les professions déterminent le lieu de résidence, de nombreux mausolées et mosquées sont édifiés (dont le mausolée des Samanides). Des savants, poètes, écrivains résidaient à Boukhara au xe siècle : le grand médecin et philosophe Avicenne (Abu Ali Ibn Sînâ), né à proximité (980-1037), le poète Rudaki et le savant encyclopédiste al-Biruni (mathématicien, physicien, astronome, historien, etc.), né près de Khiva (973-1048), qui correspondit avec Avicenne. Gengis Khan s'empare de la ville en 1220. La ville est intégrée à l'empire des Timourides en 1370. La ville perd de son importance politique au profit de Samarcande mais en 1506, la dynastie des Chaybanides s'empare de Boukhara et, dans la seconde moitié du XVIe, Abdullah Khan fit de la ville le centre politique du khanat de Boukhara. Boukhara tombe sous le régime du protectorat russe en 1868, avant de perdre définitivement son indépendance avec la prise de la ville par l'Armée rouge le 2 septembre 1920.

Le centre historique (à l’échelle humaine) nous a permis de nous balader exclusivement à pied. Le point de départ de chacune de ces balades fût la place Liab-i-Haouz, un bassin creusé en son centre, autour duquel la vie s’y déroule doucement. Plusieurs medersas l’entourent.

Nous n’avons pénétrées ces écoles qu’une fois, trop sollicités par les marchandes de suzanis* qui occupent aujourd’hui les anciennes cellules des étudiants. Autrefois lieu d’études, aujourd’hui centre commercial et artisanal, ces bâtisses vivent de multiples vies. Réincarnation ouzbek.

#1 Centre historique

Le coeur en pierre compte une grande quantité d’immanquables : déambuler sous les « taqs », ces coupoles marchandes, signes de reconnaissance des bazars,  les soeurs ennemies que sont les madrasas Ulug Beg et Abdoullaziz KhanPol-i-Kalon (« piedestal du Très-Haut »), un des hauts-lieux de Boukhara et principal complexe architectural de la ville qui comprend la mosquée Kalon (1514), un minaret d’une ancienne mosquée (1127)  haut de 48m et la madrasa Mir-i-Arab.

Et puis il y avait l’immanquable Tchor Minor, « 4 minarets », star des couvertures de nombreux guides (Lonely Planet 2014 entre autre), pour lequel je n’ai trouvé qu’un seul qualificatif : mignon.

> A faire : un massage (70 000 soums) dans le hammam Bozori Kord, en l’état depuis le XVIeme siècle. Après 10″ dans une salle remplie de vapeur d’eau chaude, la détente s’achève. Commencent alors les étirements toniques, le poids de mon tortionnaire sur le dos, et moi dans un état de souffrance positive, allongée sur la dalle de granit qui trône au coeur du hammam. Le + la friction finale au gingembre :  » It’s good for your husband » m’a assuré mon masseur, avant de m’enduire le corps d’eau de rose. A contrario du hammam Kunjak réservé aux femmes, celui-ci est mixte. Mais pas n’importe quelle mixité, elle est privatisée. Voilà comment je me suis retrouvée seule sans compagnon, tard un soir, dans cet endroit qui n’a pas pris une ride en 5 siècle.  Incroyable ❤ !

> A voir : le quartier juif, les sublimes maisons des anciens commerçants juifs -dignes du Elle Décoration, que ce soit le mobilier ou les fresques murales, tout y est magnifique- que vous trouverez un peu partout car elles s’éparpillent dans tout le district, celle de Faidouni Kjodakeiv mérite à elle seule 1/2 journée de visite (7500 soums) et le cimetière juif, tout au sud, à la lisière de la ville moderne, qu’il faut explorer. Les pierres tombales sont surprenantes de drôlerie.

> A visiter : le musée des tapis situé dans l’ancienne mosquée Magok-i-Attari désaffactée au culte. Note importante, elle a été construite sur les vestiges d’un temple zoroastrien qui ramène mes pensées à mon voyage en Iran.

> Acheter des suzanis* dans la boutique de Kukeldash Madrasah.

> Diner chez Chinar, ce restaurant de 3 niveaux, vous servira de délicieuces entrées et un excellent plov. Les diners le samedi soir y sont mémorables, la vodka coule à flot, les tables sont garnies et les esprits remplis de gaité.

> Dormir à l’hôtel Amulet, une ancienne medersa réhabilitée en hôtel de charme, prix un peu plus élévé qu’ailleurs qui vaut ses $70 rien que pour le petit déjeuner pris dans une petite salle à manger privée.

* suzanis : textile tribal brodé, propre à la région d’Asie Centrale.

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#2 Ark 

S’il y a bien un quartier de la ville où tous les jours nous nous sommes rendu c’est la citadelle de l’Ark. Les dodues donjons et l’épaisse muraille protégeaient jadis un palais dont il ne reste … quasi rien si ce n’est une mosquée et d’anciens appartements, occupés par le dernier Emir du Qanat jusqu’en 1920. Le reste n’est que terrain vague. La vue de la haut est panoramique.

Face à l’Ark (sa porte d’entrée), deux structures défient le temps. La 1ere une ancienne tour métallique construit par les soviétiques au début du XXeme siècle ; la seconde la mosquée Bolo Haouz, ses 20 colonnes en bois, son plafond peint, sa date de naissance (1720).

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Encore un peu plus à l’ouest, une balade dans le parc Samani pour y découvrir proche des limites de la ville, le mausolée d’Ismael Samani, un ensemble… Samanide, l’un des plus anciens monuments musulmans au monde, le musée de l’eau et dans un autre registre d’un parc d’attractions de notre ère.

Le mausolée des Samanides (875-999), ou tombeau d'Ismaïl, a été construit au début du xe siècle. C’est l'édifice le plus ancien de Boukhara et le premier exemple de mausolée-koubba connu. Il a a été découvert en 1934 par Chichine, un archéologue soviétique,alors qu'il était enfoui sous terre, préservé ainsi de destructions antérieures. Il a la forme d'un cube surmonté d'une coupole et de quatre autres petites coupoles à chacun des angles. Les quatre faces sont identiques. Une arcade semi-aveugle, formée d'une galerie de dix fenêtres sur chaque côté, permet la transition, à l'intérieur, entre la coupole et la partie carrée : quatre arcades d'angle forment la trompe où s'appuie ensuite le tambour, sur huit côtés, puis sur seize. L'intérieur et l'extérieur sont décorés de motifs de brique.Le mausolée, par sa forme cubique, rappelle la forme de la kaaba et a donc une forte signification symbolique.

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Nous avons quittés Buxoro pour filer encore plus à l’ouest du pays, empruntés le vrai tronçon de la route de la Soie, nous rapprocher de la mer d’Aral sans la voir, traverser l’Amu Darya et atteindre Khiva  et revenir en sens inverse.

* Toutes les photos de moi ont été prises par Kares Le Roy.

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SAMARCANDE

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« Depuis bien longtemps que Samarcande fascine les peuples de la terre et plus spécialement ceux de l’occident. Jadis la route de la soie, la ville était très prospère dans la culture et bien d’autres choses … » – Amin Maalouf

* Patrimoine mondial de l’UNESCO 

Samarcande (en ouzbek : Samarqand, en tadjik : Самарқанд, en russe : Самарканд, en persan : سمرقند, en turc : Semerkand), signifie probablement « lieu de la rencontre » ou « lieu du conflit » (samara : rencontre, conflit en sanskrit, kand, kent : ville, terme centre-asiatique) et illustre bien sa position à la limite des mondes turc et persan. Riche en monuments historiques, Samarcande a été proclamée en 2001 par l'UNESCO carrefour de cultures et site du patrimoine mondial. Depuis 2009, la ville de Samarcande a subi de nombreux réaménagements urbains : un mur sépare aujourd'hui les quartiers populaires des grands monuments de la ville et des quartiers centenaires comme celui d'Iskandarov (proche du Gur Amir) ont été détruits ;leurs habitants relogés de force en périphérie de la ville.

Nous avons quitté Tahskent, roulé plus seulement de 250km en 7 bonnes heures (suite à une erreur de copilotage je nous ai fait longé le Tadjikistan)  pour gagner Samarcande, de nuit. Il était tard, nous avions faim, malheureusement tous les restaurants étaient fermés. Un supermarché à deux pas de notre hôtel nous a sauvé l’appétit. Il fallait dormir, récupérer la fatigue du voyage et être en forme pour approcher l’intemporelle.

L’intemporelle donc, celle que le temps a en partie figée. 4 jours sur place nous ont laissés le temps de… prendre le temps. Il y a tellement de choses à voir dans cette ville, des siècles d’histoire à appréhender, qu’il ne fallait pas chômer non plus. Des madrasas, des mosquées et autres mausolées en tout genre n’attendaient que d’être visités. Une ville ancienne et une ville soviétique aussi. Samarcande promettait.

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Un lieu par lequel il nous fallait absolument commencé, qui inaugura ma découverte de cette ville carrefour des civilisations, des religions, des commerces en tout genre, tout un symbole : la place sablonneuse, le Registan.

Cet ensemble (entrée : 16000 soums/personne) de majestueuses madrasas –Oulough Beg, Tilla Kori et Cher-Dor– légèrement penchées, parfaitement proportionnées et couvertes de majoliques et de mosaïques bleu azur, est le joyau de la ville et l’un des sites les plus fabuleux d’Asie centrale. Le Registan, “place sablonneuse” en tadjik, était le centre marchand de la Samarcande médiévale et un bazar occupait probablement la place. J’aurais pu y rester des heures, hochant la tête d’un portail à un autre, essayant de repérer chacune des mosaïques qui ornent les façades, essayer de décripter les lions qui ornent Chir-Dor, m’imaginant la vie d’antan vêtue d’un Chapan et de lourds bijoux, me projetant dans cette autre vie. Féérique registan.

> A faire : monter en haut d’un minaret (moyennant un tips avec les gardes qui d’eux même vous le proposeront) de l’une des madrasas du Registan au coucher du soleil. De la haut, vous contemplerez les toits de la ville et aurez une vue surplombante sur cette place où vous avez passé le plus clair de votre journée.

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Nouvelle journée nouvelle splendeur. Au Nord-Est du Registan, en marchant sur Toshkent Yo’li se trouve Bibi-Khanoum. Cette mosquée rebâtie elle aussi par les soviétiques a traversé les époques. Un jour mosquée, l’autre écuries, là encore on s’y arrête sans regarder sa montre. Essayant de comprendre comment chaque pierre en ruine au sol a pu être replacée à sa place originelle, comment cet énorme lutrin à coran siégeant au milieu de la cour a pu être importé ou encore avec quel amour elle a été pensée.

Bibi-Khanym, épouse de Tamerlan, a laissé son nom à deux monuments ou ensembles monumentaux de Samarcande, en vis-à-vis : la « mosquée du Vendredi de Tamerlan » (masjid-i jami') dite mosquée Bibi Khanym (1399-1404).La mosquée fut érigée à partir de 1398 par Tamerlan au retour de sa campagne des Indes, où il avait saccagé Delhi. Là, il avait vu la mosquée Tughluq du XIIe siècle et s'en était inspiré pour ériger sa grande mosquée de Samarcande. L'inspiration indienne est d'autant plus marquée que la mosquée est dite en pierre d'après Babur. En réalité, seuls quelques éléments et les colonnes sont en marbre, mais c'est à l'époque une grande innovation puisque la majorité des bâtiments en Asie centrale est en brique, crue ou cuite. La mosquée fut achevée en 1405. Elle était de dimensions imposantes (167 × 109 m), avec un portail d'entrée présentant une ouverture de 18 mètres, un minaret à chaque angle de la cour et une galerie de 400 coupoles supportées de 400 colonnes en marbre sculpté. Le bâtiment principal de la mosquée, situé au fond de la cour, était couronné d'une coupole et atteignait 44 mètres. Au centre de la cour se trouve un immense lutrin à coran, en pierre. Elle connut vite des dégâts dus à la mauvaise répartition des charges et aux tremblements de terre fréquents dans la région. Les armées russes l'utilisèrent comme écuries et comme entrepôts avant que le régime soviétique ne commence une restauration en 1974.

 

« De nombreuses légendes courent autour de l’architecte de la mosquée et de Bibi Khanym. On raconte que l’architecte est éperdument amoureux de la première épouse de Tamerlan mais qu’elle refuse ses avances. Pour obtenir un baiser, il retarde donc volontairement les travaux. Ce faisant, elle accepte finalement mais pose entre eux deux sa main ou un voile (ce serait depuis lors que les femmes portent le voile à Samarcande). Tamerlan de retour le découvre et condamne l’architecte. En vérité, il semble que Tamerlan ait condamné l’architecte pour abus ou mauvais travail (à son goût). »

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Après Samarcande l’historique, il nous fallait nous diriger vers Samarcande la soviétique. Pensant changer de registre et de siècle, rien n’en fût.

Le mausolée Gour-e Amir dans lequel tous les proches de Timur Lang (Tamerlan) reposent, me retransporta au XVeme siècle et me renversa à terre. Cet édifice est étonnamment modeste depuis l’extérieur excepté son dôme cannelé aux couleurs azurs. A l’intérieur, les tombeaux sont sobres mais les murs sont… extra-or-di-naires! D’un bleu roi cerné d’or, les morts ici sont un trésor.

Timur avait construit une simple crypte pour lui-même au Shakhrisabz , et avait construit celle-ci en 1404 pour son petit-fils et héritier proposé, Mohammed Sultan, mort l'année précédente. Mais l'histoire changea lorsque Timur décéda subitement d'une pneumonie au Kazakhstan (dans le cadre de la planification d'une expédition contre les Chinois) à l'hiver 1405, les routes menant à Chakhrisabz étaient enneigées et il fût enterré ici à la place. Comme avec d'autres mausolées musulmans , les pierres sont seulement des marqueurs ; les cryptes sont situées dans une chambre au-dessous. Tamerlan repose aux pieds de son maître spirituel le cheik Mir-Said-Bereke, suivant sa volonté. D'autres Timourides vinrent rejoindre leur aïeul, comme deux des fils de Tamerlan, Shah Rukh et Miran Shah, ainsi que son petit-fils l'architecte, astronome et savant Ulugh Beg qui avait apporté quelques transformations au mausolée et ajouté d'autres constructions autour du monument comme un autre mausolée aujourd’hui détruit et une crypte à l'arrière du Gour Emir. C'est aussi Ulugh Beg qui rapporta de Mongolie le bloc de néphrite (du jade) qui recouvre le tombeau de Tamerlan qu'il entoura d'une barrière de marbre ajouré. Il y a encore deux autres pierres tombales dont celle de Muhammad Sultan. En réalité, les sept pierres tombales sont des cénotaphes qui indiquent l'emplacement des véritables tombes situées dans une crypte fermée aux visiteurs.

 

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#Afrasiab

De retour sur Toshkent Yo’Li, dans une ligne droite on aperçoit une colline. Face à nous dans l’axe, Afrosiab l’antique Samarcande, sur un site de 2,2 km2, au nord-est du bazar Siob ; les fouilles de Marakanda (l’antique Samarcande) sont plus ou moins abandonnées aux intempéries.Un cimetière se parsème sur les flancs dodus. C’est en fin de journée que nous y sommes baladés. Aucune surprise le site ressemble à un terrain vague. Pourtant dessous je me suis imaginée les milles ans d’histoire et suis certaine que les reliefs abritent auraient beaucoup de choses à nous raconter. Pour l’heure nous avons préférés nous y amuser avant de finir en paix dans la plus vieille mosquée de la région toute de bois vêtue : Khuja Khidr Mosque. Un thé et une prière plus tard, il nous fallait rentrer.

> A voir : l’Observatoire d’Ulug Beg dont il ne reste que la pente souterraine d’un sextant géant, un astrolabe de 30 m, conçu pour repérer la position des étoiles, faisait partie d’un observatoire de trois étages qu’il fit bâtir dans les années 1420, qui vous laissera imaginer la prouesse technique de l’époque et l’avant-gardisme du souverain.  Le musée qui jouxte l’outil vous permettra de vous projeter ce dernier dans son intégralité. Incroyablement ingénieux.

> A visiter :  Site le plus émouvant de Samarcande, le cimetière Chah-i-Zinda.  cette extraordinaire avenue de mausolées renferme certaines des plus somptueuses mosaïques du monde musulman.

La nécropole Chah e Zindeh ("le roi vivant", fin xive - début xve siècle) aurait été construite sur le site du tombeau de Koussam Ibn Abbas, cousin du prophète. Les façades des portails des mausolées sont généralement richement décorées : céramiques émaillées et sculptées, briques émaillées, inscriptions calligraphiques en arabe et en persan, dessins floraux et géométriques. Ulugh Beg fit construire un grand pishtak à l'extrémité sud de la nécropole ; à cette entrée se trouvent également une mosquée et la medresa Davlet Kouchbegi (1813).On trouve plus loin le vaste mausolée de Qadi-Zadeh Roumi (1420-1425), comprenant deux pièces, surmontées de hautes coupoles bleues. La plus grande des deux pièces est carrée, avec quatre iwans en croix. Deux mausolées sont en suite disposés face à face : le mausolée de l'émir Hussein (1376), et le mausolée de l'émir Zadé (1386) avant de laisser place à deux autres mausolées à la décoration particulièrement riche : le mausolée Chadi Moulk Aka, premier édifice timouride de Samarcande, et le mausolée Chirin Bika Aka. Le mausolée Chadi Moulk Aka est celui d'une nièce de Tamerlan. Le mausolée Chirin Bika Aka est celui d'une soeur de Tamerlan. Plus loin, après des mausolées restés anonymes, sur la gauche, sur la gauche, on peut observer le mausolée Ali Nassafi (vers 1385),puis le mausolée de l'émir Bourondouk, général de Tamerlan. Sur le même côté, on trouve la mosquée et le mausolée de Touman Aka (1404-1405), épouse de Tamerlan, le mausolée Khodja Ahmed (vers 1350, donc l'un des plus anciens, qui a pu servir de modèle pour le reste de la nécropole) et le mausolée de Koutloug Aka (1361), autre épouse de Tamerlan. Enfin, la voûte d'un portique conduit à la mosquée Koussam Ibn Abbas, composé d'un rectangle à trois coupoles.

Cette visite impromptue de la nécropole nous a surpris sur tous les plans. A peine avoir franchit le portail d’entrée, payé notre ticket d’entrée, notre curiosité et notre nationalité nous ont permis d’obtenir le couvert auprès des gardiennes du lieu. 45 minutes de rigolades, d’échanges culturels, de présentation familiale à travers nos smartphones respectifs et de… plov. Ce plat national que nous n’avions toujours pas goûté avant ce moment. Il était temps de digérer et de découvrir l’endroit.

Après avoir gravit les marches en les comptant sous peine de devoir le refaire une quarantaine de fois jusqu’à que le compte soit bon, je me suis sentie comme félicitée d’avoir accomplie l’effort. Une succession de tombeaux, s’enfilant les uns après les autres nous laissant évolués au sein d’un corridor. Tous plus beaux les uns que les autres. Mes yeux ne savaient pas où s’arrêter. Un showroom de mosaïques bleues. Un délice. Mon coup de ♥ !

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> Prendre n’importe quel repas au Kyzyl Chaixona, la « maison de thé rouge » située au milieu du bazar Siob, un havre de paix au milieu du brouhaha du marché. Notre cantine durant ces 4 jours, où nous avons mangé le meilleur lagman du pays!

> Ne pas diner chez Karimbek. Déception ultime dans ce qui se devait être le meilleur restaurant de la ville. Sublime maison mais nourriture fade et sans âme.

> Dormir chez Bahordir B&B ($30 la chambre double) une charmante guesthouse familiale à deux pas du Registan, où le petit déjeuner est roi et où il n’est pas bon de refuser le traditionnel thé. J’imagine que durant l’été la cour intérieur verdoyante de plantes doit être un spot au top.

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Ainsi j’ai vu Samarcande. Ce nom qui résonne dans ma tête depuis plusieurs années, le titre d’un livre d’Amin Maalouf, que j’ai lu, arrêté, repris et finis ici. La boucle se boucla.

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* Toutes les photos de moi ont été prises par Kares Le Roy.

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IN UZBEKISTAN i am…

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Comme une thématique de l’année 2014 qui se prolonge sur 2015, encore un peu plus vers l’Orient, c’est en Asie Centrale que j’ai posé les pieds, en Ouzbékistan plus précisément. Terres de Tamerlan (Timur le conquérant), Genghis Khan ou encore d’Omar Rhayyam, je vais vous conter ici un nouveau récit 2.0 comportant plus de 2000 ans d’histoire.

Passer derrière l’Iran n’était pas chose facile. Ce précédent voyage m’avait fait découvrir tant de merveilles culturelles, historiques et religieuses, que je me demandais ce qui pouvait se faire de mieux. C’était sans compter sur ce tronçon de la route de la Soie que vous avez pu apercevoir sur mon Instagram @itwia lors de mon voyage. Après ces clichés instantanés voici que les choses plus sérieuses vont se dérouler sur la toile.

> Lire Samarcande d’Amin Maalouf pour s’imprégner de l’Orient du XIXeme siècle. Souvent en Ouzbekistan le temps s’est arrêté, ce livre vous permettra de recontextualiser l’époque.

Tout au long de son histoire, le territoire de l'actuel Ouzbékistan fut la plupart du temps dominé par les grands empires environnants des Perses, Grecs, Arabes, Mongols ou Russes pour devenir un État à part entière en 1991.

 

Turkish Airlines via Istanbul : 520€

LET’S GET A VISA

Visa à faire à l’ambassade d’Ouzbekistan à Paris sans oublier de remplir le formulaire à télécharger ici en amont (80€).

Website / www.ouzbekistan.fr/

 

LET’S GO

L’origine de ces destinations c’est bien lui, Kares Le Roy. C’est lui qui m’aura attendu 3 heures dans un froid polaire (-3°C) à l’extérieur de l’aéroport un tantinet soviétique de Tashkent dans lequel le public n’est pas invité à entrer s’y réchauffer. J’ai tardé. Mon vol en provenance d’Istanbul avait 1 heure de retard au départ et mon arrivée a été on ne peut plus laborieuse. La douane et son unique « guichet pour touristes » mal indiqué mais surtout l’absence totale d’informations quand aux contrôles des bagages. 2 heures de patience à 3h00 du matin dans une salle enfumée par les cigarettes ouzbeks, les files d’attentes sans fil, les doublages, la non connaissance du langage… et puis à 5h00 du matin, lui, tout penaud, comme un cabillot surgelé. A l’inverse de l’Iran, nous avons pu nous étreindre. Point de fausse pudeur.

#Tashkent

Souvent on évite les capitales, peur d’être happé par le brouhaha et le bordel. Mais Tashkent mérite qu’on s’y attarde. La capitale ouzbek dont le nom signifie « citadelle de pierre » regorge de trésors architecturaux. Des sites antiques aux palais soviétiques sans oublier les nombreux marchés et autres bazaars qui animent la ville et lui donnent des odeurs épicées.

En descendant à la station de métro Kosmonavtlar pour remonter Sharof Rashidov Shoh Ko’chasi, cette grande avenue bordée de part et d’autre de bâtiments administratifs, de parcs et de musées (celui de l’histoire d’Ouzbekistan est à ne pas manquer), jusqu’à Mustaqilik Maïdoni puis tourner sur la droite vers Amir Timur Square. Jolie balade « architour ».

Ah oui le métro tashkentien! Ce transport en commun mérite qu’on descende à chaque station pour y admirer/observer/s’estomaquer sur les fresques qui ornent les murs de chacune. Photo interdite! Tentez, vous serez gentiment (ou pas) sommé d’effacer votre souvenir et/ou raccompagné à la sortie par la police locale.

> A voir : la cathédrale orthodoxe d’un bleu bébé aux allures de pièce montée.

> A faire : déambuler au bazar Chorsou situé au Nord Ouest de la ville, goûter à tous les étales du marché couvert, changer au marché noir ses € auprès des différents « banquiers ».

> A ne PAS faire : la TV Tower ne mérite pas le détour. Excentrée et chère. Y monter coûte la bagatelle de $15 pour les étrangers. Non merci.

> Diner au National Food. La cantine par excellence où vous pourrez goûter TOUTES les spécialités du pays. Les femmes y découpent du saucisson de cheval ou encore des pâtes en vous regardant amusées sans jamais se couper les doigts.

Question hébergement, le couch surfing et loger chez l’habitant est monnaie courante. C’est dans une jolie maison verte au style victorien que j’avais élu domicile : Jahongir B&B. Cosy, chaleureux et confortable, pieds nus sur le parquet.  A booker sur www.booking.com.

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LET’S DRIVE!

Parce que l’Ouzbekistan est si grand que je ne pouvais contenir toutes mes trouvailles et découvertes en 1 seul post généraliste. Au travers de plusieurs post, ville par ville, je vous emmène avec moi depuis le kilomètre 0 qu’est Tashkent dont nous nous sommes évadés après 2 jours de visites. La suite de l’itinéraire, vite, très vite, jusqu’au kilomètre 980km qu’est Khiva aux portes du désert du Karakoum.

L’itinéraire qui suivra : TASHKENT > SAMARKAND > BUKHARA > KHIVA et la même chose en sens inverse.

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* Toutes les photos de moi ont été prises par Kares Le Roy.

#яхши саёҳат

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Voyage, voyage… OUZBEKISTAN

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Un nouveau road trip s’offre à moi. Les Stan Countries, ceux qu’on ne connait pas, dont on ne nous a jamais appris les noms, ceux qui sont apparus à la chute de l’U.R.S.S. Je n’en verrais qu’un, qu’on appelle Oʻzbekiston, Ўзбекистон, Oʻzbekiston Respublikasi, Ўзбекистон Республикаси, en d’autre terme l’Ouzbekistan (eng. Uzbekistan).

Tout au long de son histoire, le territoire de l’actuel Ouzbékistan fut la plupart du temps dominé par les grands empires environnants des Perses, Grecs, Arabes, Mongols ou Russes pour devenir un État à part entière en 1991.

Une fois n’est pas coutume, je pars ignorante. J’espère revenir sachante. En attendant je lis et me documente.

Suivez @itwia sur Instagram grâce aux hashtags  #itwia  #inuzbekistaniam car à travers ce voyage je vous emmène dans mes bagages.

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